Frise chronologique
1767
Acquisition du terrain
Acquisition du terrain
1767 (≈ 1767)
Philippe de Bonfontan achète les parcelles.
1768-1771
Construction de l’hôtel
Construction de l’hôtel
1768-1771 (≈ 1770)
Période principale des travaux.
1771
Achèvement des ferronneries
Achèvement des ferronneries
1771 (≈ 1771)
Signature d’Ortet sur un balcon.
1786-1790
Mandat de capitoul
Mandat de capitoul
1786-1790 (≈ 1788)
Philippe de Bonfontan en fonction.
10 juillet 1793
Émigration du marquis
Émigration du marquis
10 juillet 1793 (≈ 1793)
Fuite lors de la Révolution.
23 mai 1925
Classement monument historique
Classement monument historique
23 mai 1925 (≈ 1925)
Protection de la façade et ferronneries.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façade, y compris les ferronneries des balcons : inscription par arrêté du 23 mai 1925
Personnages clés
| Philippe de Bonfontan - Marquis et commanditaire |
Propriétaire et concepteur de l’hôtel. |
| Bernard Ortet - Maître ferronnier |
Auteur des garde-corps en 1771. |
| Jean de Balbaria - Ancien propriétaire (XVIe-XVIIe) |
Famille précédente sur le terrain. |
| Hyacinthe de Labat de Savignac - Architecte présumé |
Attribution non confirmée. |
Origine et histoire
L’hôtel de Bonfontan, construit entre 1768 et 1771 pour le marquis Philippe de Bonfontan, est un exemple emblématique de l’architecture néo-classique toulousaine. Situé au no 41 de la rue Croix-Baragnon, il remplace un ancien immeuble appartenant à la famille de Balbaria depuis le XVIe siècle. Le marquis, issu de la noblesse gasconne, négocie avec les capitouls (magistrats municipaux) un échange de parcelles pour élargir la rue, en cédant une partie de son jardin. La façade, en pierre et brique enduite de chaux pour imiter la pierre, et les garde-corps en fer forgé – œuvres du maître ferronnier Bernard Ortet (signature gravée « ORTET FECIT ANNO 1771 ») – illustrent le luxe des élites toulousaines à la veille de la Révolution.
La construction s’inscrit dans un contexte d’embellissement urbain, avec l’adoption progressive du blanchiment des façades (obligatoire à Toulouse à partir de 1783). Le marquis de Bonfontan, capitaine au régiment de Navarre puis capitoul (1786-1790), joue un rôle actif dans la vie politique locale, participant aux assemblées nobles de 1787 et 1789. Cependant, inquiété par les événements révolutionnaires, il émigre en juillet 1793. L’hôtel, avant-gardiste par son style « à la grecque » mêlant néoclassicisme et rocaille, conserve une porte cochère d’origine, des agrafes sculptées, et une corniche à modillons.
Classé monument historique en 1925 pour sa façade et ses ferronneries, l’hôtel témoigne aussi des techniques innovantes de l’époque : les refends taillés dans la brique simulent des blocs de pierre, tandis que les fenêtres du 1er étage, en plein-cintre, contrastent avec les ouvertures rectangulaires du 2e. La façade latérale, plus sobre, donne sur la rue des Trois-Banquets. À l’intérieur, la cour centrale est encadrée par des ailes symétriques, bien que la parcelle d’origine ait imposé des ajustements, comme une aile est étroite masquant une dissymétrie.
L’architecte reste anonyme, bien que Hyacinthe de Labat de Savignac ait été parfois évoqué. Le marquis, fin stratège, aurait fortement influencé la conception. Les ferronneries d’Ortet, combinant motifs géométriques et feuillages, sont parmi les mieux conservées de Toulouse. Aujourd’hui, l’hôtel, fermé au public, reste un symbole du patrimoine aristocratique de la ville, entre héritage médiéval (famille de Balbaria) et modernité des Lumières.